"Je dois survivre": une rescapée de Padang raconte son calvaire
AFP - le 03
octobre 2009, 11h59
Coincée pendant deux jours dans les décombres de son
école rasée par le séisme de Padang, Suci Refikawulan Sari a gardé le moral en
se répétant: "Je dois survivre. Je veux voir mon bébé de 14 mois grandir
et devenir quelqu'un de bien".
Epuisée mais
soulagée, la jeune professeur d'anglais, âgée de 25 ans, reprenait samedi ses
esprits sur un lit d'hôpital.
La veille, elle
a été l'une des deux seules victimes à être extraites, vivantes, des ruines de
l'école de langues Prayoga.
Le cauchemar,
raconte-t-elle, a commencé mercredi à 17H16 (10H16 GMT) lorsque le séisme de
magnitude 7,6 a fait trembler le sol et les murs. L'école a commencé à
s'écrouler alors que Sari et ses treize élèves tentaient de l'évacuer.
"J'ai vu
mes étudiants être écrasés sous des poutres qui tombaient. Tout le monde criait
d'effroi", se rappelle-t-elle.
Durant les 48
heures suivantes, Suci est restée immobilisée sur le dos, ses jambes coincées
par des débris et le corps de l'une de ses élèves.
Mais elle
pouvait tenir la main d'une autre jeune fille, Ratna Kurnia Sari, 20 ans.
"Nous
avons survécu parce qu'il y avait de l'air dans l'espace étroit où nous étions
coincées. Nous avons appelé: +A l'aide, à l'aide!+. Mais personne n'est
venu".
Pour Ratna,
l'horreur a été de voir, pendant toutes ces heures, le corps inerte de son amie
Claudia. "Je la voyais, je la touchais, j'ai essayé de la réveiller",
se rappelle-t-elle, le visage défait.
Le premier jour
passe en silence. Le lendemain, les sauveteurs réussissent à élargir un trou
d'air pour offrir de l'eau, du lait et du pain aux deux jeunes femmes
paralysées.
"J'ai su
alors que j'allais être sauvée", raconte Ratna, la première à être
extraite de l'amas de débris et de poussières. Suci l'a suivie en fin
d'après-midi.
Son mari Tommy
Erwinsyah à ses côtés, qui lui masse la tête, Suci rend hommage aux familles
qui ont exhorté les autorités à accélérer les opérations de déblaiement et de
recherches.
Elle espère
quitter au plus tôt Padang pour
célébrer, dans son village, "le destin".


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